40 x 20 cm -72 dpi
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... Elle se dédouble ...
... Voir son image dans le miroir ...
... Elle se déforme ...
... Voir son image devient dérisoire ...
En voyant cette Barbie déformée, je me pose la question de la représentation de certaines "minorités" en la matière. Ce type de jouet (qui n'est pas un simple jouet) peut-il bousculer les stéréotypes de la représentation ? L'apparition de la poupée noire a fait sa petite révoluton en son temps. A quand la petite poupée trisomique, handicapée... ? Je sais que ton discours n'est pas là Lafabe, qu'il est certainement plus léger, mais pour moi l'innocence de la Barbie est tellement lourde de sens qu'à vous voir la manipuler, j'ai parfois l'impression de voir des enfants jouer avec un fusil.
---> Van Acker, ta réflexion est vraiment intéressante ... elle me plaît car elle touche un thème qui me tient à coeur ... celui de la représentation du corps dans notre socité, passée, actuelle et à venir ... ! "(...) SOMMAIRE EDITO A travers les temps, le corps a toujours été manipulé afin de s’adapter aux dernières tendances. Ce corps a été sanglé, corseté, compressé, enveloppé, tatoué, scarifié, sublimé, ritualisé… La liste serait longue. Nous lui avons serré la taille, réduit les pieds, aplati la tête, blanchi la peau, aspiré la graisse, injecté de la silicone, gonflé et dégonflé les seins comme des pistons à moteur. EVOLUTION TEMPS. Le corps, ce corps, nous n’en avons qu’un et pourtant en comptant tout ce qu’il a subi de métamorphoses, voilà qui aurait de quoi nous effrayer. ET LE CORPS DANS TOUT çA ? A-t-il droit à la parole ? Oui. Non. Selon Jean Baudrillard, « il semble que le statut du corps est un fait de culture ». Aujourd’hui, nous ne pourrions le nier, d’autant plus que le culte des apparences règne depuis ces dernières années, et qui plus est en s’accentuant. Quel est notre idéal ? Où se trouve la réalité ? Dans le quotidien ou ailleurs ? Toujours est-il que la machine infernale du progrès nous aspire. Vers le bas ou vers le haut ? L’avenir nous le dira. Si nous mettions un peu de folie dans toute cette apologie du standard, du moule, de l’uniforme, de la copie conforme ? METTRE EN AVANT LE DéFAUT, voilà qui pourrait briser le lisse et le monotone. Le monde change de peau. Un retour à la personnalisation semble se faire sentir. Il serait dommage de rater le rendez-vous. Montrer ce qui fait notre différence, notre unicité, afin de ne pas tous, un jour, se ressembler. Alors, exploiter esthétiquement l’univers étrange du défaut, pour une autre conception du corps. faire ressortir la positivité de tout ce qui est considéré comme différent, hors norme, voire tabou. Oser pour sensibiliser, quitte à choquer, tel pourrait être notre futur challenge. Enfin, proposer une collection vestimentaire adaptée à notre besoin de personnalisation. Envie d’aller plus loin, de regarder autrement, de ne plus juger seulement les apparences. Envie d’être défectueux, d’être autre, d’être ou ne pas être, d’être soi, d’être comme, d’être osé, d’être unique. Les VOLUMES DU FUTUR se déclinent à l’infini pour rendre au corps son identité. CONSTAT Nous devons nous rendre à l’évidence : aujourd’hui, nous baignons dans une sorte de dictature qui prône la dure loi du paraître. Tendre à la perfection semble être le mot d’ordre générateur depuis quelques temps. Mais rendre parfait nous a amené à aseptiser, à normaliser et donc inévitablement à standardiser. Les objets, les formes, se pensent, se fabriquent et se consomment à la chaîne. C’est l’ère du rendement. Le processus est lancé. La machine infernale du moule, de l’uniforme et de la copie conforme est rentrée dans nos mœurs. Et nous voilà dans l’ère de la consommation, voire de la surconsommation. La tendance à la standardisation des choses, aussi bien artificielles (les objets), que naturelles (les corps),à mis en route des critères esthétiques pauvres et monotones. Prenons pour appui un exemple significatif : celui du corps. Si notre corps est, « l’organe du possible », comme le disait Valéry, en l’appliquant à la seule main, il se veut également et simultanément l’empreinte de l’inévitable. En ce sens, le corps, aujourd’hui, est devenu un objet à part entière. Il se retrouve manipulé, habillé, formé, déformé, au gré de nos goûts et de nos envies. L’empreinte du collectif est alors inévitable. Dans notre époque qui exhibe des corps idéalement clonés, si nous pensons aux mannequins des défilés de mode ou des pages glacées des magazines , l’empreinte du collectif a fait naître, entre autre, un terrorisme de la maigreur. Notre regard sur le corps n’est pas libre, inévitablement modifié par les époques et les mœurs. La culture moderne et son culte de la beauté nous laisse à penser que nous sommes dans une pathologie du paraître.
Nous ne sommes plus à l’époque du Déjeuner sur l’herbe où le granité de la peau se fondait dans la volupté des volumes et des rondeurs de la chair. Aujourd’hui les canons de l’esthétique féminine, en particulier, dont les magazines et les publicités imprègnent nos sens, sont impitoyables ; incarnés par un monde d’éphèbes narcissiques dont le temps qui passe nous éloigne tous les jours davantage. Ainsi mise en scène, la beauté ne s’atteint pas, elle se retient, dans un compte à rebours sans merci. Quel combat pour se maintenir à contre-courant sur le tapis roulant de l’âge ! Souci de plaire ! Paraître, négocier l’attention de l’autre, que de tracas, pour atteindre quelle beauté dans l’inquiétude ? La question ne se pose pas à ceux que la nature a dotée des attributs de l’apparence convenue. Ils ont tout le temps pour s’accommoder des injustices de l’âge. Mais dans ce monde, qui impose ses choix aux êtres humains que nous sommes, que proposer aux hommes et aux femmes qui souffrent de regarder leur corps à travers la lunette étroite d’une disgrâce que la société montre du doigt ? Deux solutions pourraient se proposer, selon les propos du docteur Jean-Louis Etienne. La première serait de protéger l’éphémère en soignant son corps. La seconde serait d’entrer dans sa force et reconquérant notre autorité et en n'abandonnant pas notre vie aux jugements des autres. Sur quels critères formels et donc esthétiques, car il faut bien parler de critères, se basons nous aujourd’hui ? (...)"
---> Tu as mis le doigt ( si je peux dire ;-) ) sur un sujet complexe et profond, qui mériterait un développement et un échange beaucoup plus long ... il y a tellement de chose à dire, à faire et à réfléchir autour de ce sujet ... :-)))
---> Il y a quelques années, j'ai eu l'occasion de faire un mémoire sur le sujet intitulé "Montre ta blessure" ......................... cette problématique m'a passionnée et me passionne toujours ... En voilà un extrait :
[1] Edito
[2] Evolution temps
2-1 Constat
2-2 Esthétique prédominante
2-3 Esthétique latente
[3] Et le corps dans tout ça ?
3-1 Corps et traditions
- Souvent femme varie
- Métamorphose du paraître corporel
- Beauté et laideur
3-2 Corps et technologies
- L'image sociale
- Exigences corporelles
- Manifestations artistiques et phénomènes de tribus
[4] Mettre en avant le défaut
4-1 L'idéal et la réalité
4-2 A fleur de peau
4-3 La peau en difficulté
- Petit dictionnaire des maladies de peau
- Exploitations esthétiques de la souffrance
[5] Pour une autre conception du corps
5-1 Mon produit
- Première approche
- Enquête / Bilan
- Relation forme, fonction, message
5-2 Le vêtement en particulier
- Le monde change de peau
- Recherches plastiques
5-3 Démarche marketing
- Finalité
- Positionnement
- Cible
[6] To sum up
[7] Bibliographie
[8] Remerciements
oui c'est un peu suprenant cette association que je fais... ; ) en fait tes vénus quand on les voit en vignettes on ne voit pas leurs petites têtes et leur corps entier m'évoquent des visages charnus avec de gros yeux, des bonnes joues... des visages en forme de poire... lignes que je retrouve dans le visage de la poupée que je cites...
j'ai déliré complet ou tu visualises mieux les choses que je vois avec mes explications?
Le fusil est chargé en plus !
En relisant mon com, je me disais qu'il pouvait être mal interprété ("propos plus légers", "enfants", "jouer"...). Merci pour ton ouverture d'esprit et ta réponse nourrie. L'essentiel étant que nous nous soyons compris.
barbie devient kaleidoscopique... ses visages entre pointillés se déforment pour mieux se cacher... son image multipliée juste pour se faire oublier...
le visage de barbie dans la troisième image en haut à droite me fait penser à tes vénus...
---> En fait, dans mon idée, les visages se déforment pour mieux se dévoiler ... pour trouver une autre identité ... pour séloigner du parfait et de la beauté imposée ...
---> Euh! ... une tite précision ... ici, ce n'est pas Barbie qui est mise en scène, c'est "une" poupée dont je ne connais d'ailleurs pas la marque ... ;-)
---> Ah! oui!? ... c'est drôle que ce visage te fasse penser aux Vénus ... pourrais-tu m'en dire plus ?